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2 éditions à explorer · futur, live et passé
Chiffres, siège et habitudes de la maison
Bloodstock Open Air fait partie de ces festivals qui ne cherchent pas à se déguiser en quelque chose de plus aimable pour plaire à tout le monde. Son territoire est clair : metal, camping, t-shirts noirs, boue si le ciel le décide, riffs énormes, growls, blast beats, solos, vestes à patchs, bière, communauté et une dévotion très réelle pour la musique lourde. Dans un calendrier britannique où Download occupe souvent la conversation la plus massive autour du rock et du metal, Bloodstock prend une place différente : plus spécialisé, plus indépendant, plus metal au sens profond du terme.
L’histoire commence en 2001 comme festival indoor au Derby Assembly Rooms, porté par Paul Gregory et Vince Brotheridge. Avant de devenir un open air, Bloodstock avait déjà une mission assez claire : créer un espace pour le metal fait par des gens qui comprenaient vraiment cette culture. Ce n’était pas seulement une opportunité commerciale. Cela venait de fans, d’artistes, de promoteurs et de personnes qui voulaient que le Royaume-Uni possède un rassemblement metal avec sa propre personnalité, plus concentré, plus proche et moins dilué. En 2005, le projet est passé au format en plein air à Catton Park, dans le Derbyshire, et c’est là qu’il a trouvé sa vraie maison.
Catton Park est essentiel à son caractère. Ce n’est pas un festival urbain ni un lieu de ville déguisé en champ. C’est un terrain rural où le metal se vit comme camping, pèlerinage annuel, escapade de plusieurs jours entre amis, tentes, bottes, gobelets réutilisables, matinées froides et ce mélange très britannique d’organisation, d’humidité, d’humour noir et de résistance physique. Arriver à Bloodstock, c’est quitter le rythme normal pour entrer dans un petit pays metal où les règles changent : on dort moins régulièrement, on crie plus, on marche de scène en scène et l’on parle à des inconnus comme si l’on partageait des files d’attente avec eux depuis des années.
Musicalement, Bloodstock ne se limite pas à une idée générique de “rock dur”. Sa force est dans le metal sous toutes ses formes : heavy classique, thrash, death metal, black metal, doom, power, progressive, hardcore, metalcore, industriel, sludge, stoner, folk, viking et sons extrêmes qui ne trouvent pas toujours leur place dans des festivals plus généralistes. Dans une même édition, une légende comme Judas Priest peut cohabiter avec du death technique, du metalcore moderne, du thrash old school, des projets progressifs, des groupes underground et des noms que le grand public ne connaît peut-être pas, mais qui comptent énormément pour la communauté.
L’expérience réelle ressemble à l’entrée dans une famille étrange, intense et bruyante. Le Ronnie James Dio Stage fonctionne comme un grand autel, mais Bloodstock ne se résume pas à la scène principale. Le Sophie Lancaster Stage, le New Blood Stage et les espaces consacrés aux groupes émergents donnent de la profondeur au festival. On peut venir pour les headliners et repartir avec la découverte d’un groupe qui a gagné sa place grâce à Metal 2 The Masses. C’est l’une de ses différences essentielles : Bloodstock ne célèbre pas seulement le metal déjà établi; il nourrit aussi la scène par la base.
Le public est fondamental. Il y a des vétérans qui ont vu le festival grandir, des jeunes fans venus pour le metal extrême, des familles metal, des musiciens, des collectionneurs de patchs, des gens de scènes locales, des supporters de petits groupes et des festivaliers qui attachent beaucoup d’importance à ce sentiment de communauté. Bloodstock a la réputation d’être lourd dans le son, mais chaleureux dans l’esprit. Il ne cherche pas à adoucir la musique, mais il protège cette atmosphère d’appartenance qui fait revenir tant de gens chaque année.
Ce qui distingue Bloodstock Open Air, c’est son honnêteté. Il ne court pas après les modes extérieures à son monde et ne dilue pas son identité pour devenir plus facile à vendre. C’est un festival pour celles et ceux qui comprennent que le metal n’est pas seulement un genre, mais une forme de communauté. Un lieu où les grands groupes comptent, mais où les petits comptent aussi; où l’intensité n’annule pas l’amitié; et où, pendant quelques jours à Catton Park, le bruit devient maison.
Chronologie
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1 éditions · 2023
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