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HOUSE - TECHNO - TRANCE
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1 éditions à explorer · futur, live et passé
2026CORE Los Angeles 2026
Chiffres, siège et habitudes de la maison
Los Angeles State Historic Park semble constamment hésiter entre nature et ville. De grandes pelouses et des arbres occupent l'espace, mais les tours de Downtown Los Angeles restent visibles derrière eux, accompagnées de voies ferrées, de ponts et d'une architecture industrielle qui rappelle constamment la présence de la métropole. CORE Los Angeles utilisa précisément cette tension lors de sa première édition américaine en mai 2026. Au lieu de masquer la ville derrière un décor de festival, l'événement intégra le skyline à une expérience construite autour de house, techno, scénographie et mouvement. Pendant deux après-midi qui glissaient progressivement vers la nuit, le parc devint une interprétation californienne d'un concept né dans l'univers Tomorrowland : moins préoccupé par le gigantisme traditionnel d'un mainstage EDM que par la création d'un espace où musique électronique, architecture et dancefloor semblent respirer ensemble.
CORE avait déjà développé une identité très reconnaissable avant d'arriver en Californie. Sa scène monumentale en forme de visage, d'abord associée aux forêts de Tomorrowland, était devenue le symbole d'une orientation plus profonde et alternative : house, melodic techno, paysages électroniques hypnotiques et DJs capables de construire progressivement une ambiance plutôt que d'enchaîner uniquement les grands drops. Le concept avait ensuite quitté son cadre belge pour prendre une vie autonome à Tulum, Medellín ou Brussels. Los Angeles représentait une étape différente : la première édition officielle de CORE aux États-Unis et une collaboration entre Tomorrowland et Insomniac, deux organisations majeures de la culture électronique issues d'histoires différentes. Pour ce début américain, elles choisirent un format open-air 21+ relativement concentré, conçu autour de deux longues journées allant du soleil de l'après-midi jusqu'à la nuit.
Environ trente mille personnes fréquentèrent Los Angeles State Historic Park les 2 et 3 mai 2026. Trois scènes permettaient de donner plusieurs rythmes au festival. CORE formait le centre visuel et musical, dominé par son immense visage sculptural et par une production utilisant eau, brouillard, feu, lasers et lumière. MANO possédait une énergie plus immédiate et plus proche d'un club, tandis qu'ORIGO fonctionnait à une échelle plus intime et donnait davantage de place aux artistes émergents. Cette répartition empêchait la programmation de dépendre complètement d'une seule scène monumentale. Même lorsque la foule se densifiait devant CORE, quelques minutes de marche suffisaient pour changer de climat musical, passer d'un set mélodique et progressif à des rythmes plus rapides, au trance contemporain, au techno ou à une house beaucoup plus physique.
Four Tet conclut le samedi après une journée marquée par Honey Dijon, Dixon, Mall Grab, TSHA, Malugi, Emilija, X CLUB. et plusieurs générations de culture club. Le dimanche, Eric Prydz occupa le dernier grand créneau après ARTBAT, Kevin de Vries, Nina Kraviz, Hannah Laing et d'autres artistes situés entre melodic house, progressive, techno et rythmes plus rapides. Oscar and the Wolf introduisit également une présence vocale et live au milieu d'une programmation largement dominée par les DJs. L'ensemble évitait volontairement une partie du maximalisme EDM associé aux très grands festivals américains. Les sets pouvaient prendre davantage de temps, laisser les morceaux se développer et construire progressivement une relation avec le public. CORE semblait moins intéressé par la succession de moments immédiatement spectaculaires que par la continuité d'une piste qui ne voulait pas cesser de bouger.
La production visuelle donnait néanmoins au festival une présence impressionnante. La structure CORE atteignait près de dix-sept mètres de hauteur et plus de trente mètres de largeur, entourée de fontaines, geysers d'eau, fumée, brouillard, lasers et éléments pyrotechniques. Mais son effet dépendait autant de la lumière naturelle que de la technologie. En plein après-midi, le visage apparaissait comme une immense sculpture installée dans un parc urbain, avec Downtown en arrière-plan; après le coucher du soleil, il disparaissait progressivement entre ombres, eau et lumière avant de réapparaître sous une forme beaucoup plus théâtrale. Cette métamorphose correspondait parfaitement au format de l'événement, conçu pour commencer en plein jour. L'espace généreux du parc contribua également à créer une atmosphère plus respirable et moins comprimée que celle de nombreux grands rendez-vous électroniques de Southern California.
La réponse du public fut suffisamment forte pour que CORE confirme déjà son retour à Los Angeles en 2027, même si dates et programmation ne sont pas encore annoncées. CORE Los Angeles peut ainsi être traité comme une édition régionale propre au sein du réseau international de la marque, liée à Medellín, Tulum, Melbourne, Brussels et Tomorrowland mais possédant sa programmation et son identité californiennes. Sa première année montra surtout qu'il n'était pas nécessaire de recréer Tomorrowland aux États-Unis. L'image essentielle était beaucoup plus simple : le visage CORE au milieu du parc, les immeubles de Los Angeles derrière lui, la lumière de fin d'après-midi tombant sur des milliers de danseurs et un set de house ou de techno prenant lentement de l'ampleur jusqu'à ce que les lumières artificielles remplacent complètement le ciel. Dans une ville déjà saturée de festivals électroniques, cette retenue relative fut précisément ce qui permit à CORE de se distinguer.
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