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2 éditions à explorer · futur, live et passé

Fan service

Chiffres, siège et habitudes de la maison

Éditions documentées22023–2026
Années d'histoire4 ansdepuis 2023
Pays habituelPologne

À propos du festival

À Days Off, le festival ne se révèle pas derrière une entrée donnant sur une prairie saturée de scènes. Il se glisse dans la Philharmonie de Paris et en modifie temporairement l’usage. Un soir, plusieurs milliers de personnes regardent un concert dans la Grande salle Pierre Boulez; le lendemain, quelques centaines se retrouvent dans l’Amphithéâtre de la Cité de la musique. Certaines éditions ont même conduit le public jusqu’au toit de la Philharmonie pour des DJ sets avec Paris en arrière-plan. Ce changement constant d’échelle, de position et de manière d’écouter constitue peut-être la véritable signature de Days Off : ici, le lieu n’accueille pas simplement le festival, il en organise la dramaturgie.

L’aventure commence en 2010, lorsque la Cité de la musique et la Salle Pleyel imaginent ensemble un rendez-vous de début juillet consacré au rock, à la pop et aux musiques actuelles. Le calendrier n’est pas anodin : la saison institutionnelle touche à sa fin tandis que les festivals d’été commencent ailleurs. Days Off choisit cet entre-deux pour introduire dans des salles de concert parisiennes des artistes que l’on associerait plus spontanément aux scènes extérieures. Julian Casablancas, Peter Doherty, Patrick Watson, Alela Diane ou The Divine Comedy figurent dans la première édition, aux côtés d’une relecture collective de Let It Be. Dès le départ, les créations particulières comptent autant que les noms célèbres.

Cette première période répartie entre Cité de la musique et Salle Pleyel donne au festival une contradiction féconde. Les musiques actuelles entrent dans des lieux conçus pour une écoute attentive, avec des sièges, une acoustique précise et des usages beaucoup plus codifiés qu’un festival en plein air. Le décor change alors la perception des artistes. Peter Doherty paraît autrement vulnérable dans une salle disciplinée; Antony and the Johnsons peut dialoguer avec l’Orchestre National d’Île-de-France; les œuvres de Steve Reich se rapprochent naturellement des expérimentations électroniques. Days Off ne cherche pas vraiment à réconcilier des genres opposés. Il démontre plutôt que des traditions différentes deviennent voisines lorsqu’elles sont placées dans des conditions d’écoute comparables.

L’arrivée de la Philharmonie de Paris transforme cette logique à partir de 2015. Le festival dispose désormais, autour de Porte de Pantin, d’un ensemble de salles dont les capacités, les architectures et les fonctions sont très différentes. La Grande salle permet les productions spectaculaires; la Salle des concerts conserve une proximité plus directe; l’Amphithéâtre encourage les propositions intimes; les Studios et le Musée ouvrent d’autres possibilités, tandis que le Belvédère ou le toit ont parfois accueilli des soirées de DJs. Days Off peut ainsi changer de format sans avoir à déménager dans une autre partie de Paris. Le bâtiment devient un véritable instrument de programmation, presque aussi important que la succession des artistes.

C’est probablement pour cette raison que les frontières musicales du festival ont toujours paru assez souples. Sufjan Stevens, Kraftwerk, The National, Interpol, Sigur Rós, Air ou Beth Gibbons appartiennent à des univers différents, mais chacun peut être intégré à une programmation qui valorise la singularité de la proposition scénique. Les reprises d’albums complets, rencontres avec orchestre, hommages et créations sont régulièrement placés au même niveau que les tournées traditionnelles. En 2024, Air rejouait Moon Safari dans son intégralité tandis qu’ANOHNI and the Johnsons effectuait un retour très attendu sur scène. L’année suivante, Beth Gibbons et Bloc Party côtoyaient une programmation capable de glisser vers l’électronique, le hip-hop et de jeunes artistes français.

Le public vit donc Days Off d’une manière assez éloignée de la logique de camping ou d’immersion continue des grands festivals estivaux. La station Porte de Pantin ramène directement au métro parisien, et chaque soirée peut exister indépendamment des autres. Pourtant, suivre plusieurs rendez-vous transforme progressivement la perception du complexe. On passe de la verticalité spectaculaire de la Grande salle à une écoute presque confidentielle dans l’Amphithéâtre; d’un concert assis à une soirée debout; d’un public venu pour une figure historique à une foule beaucoup plus jeune quelques heures plus tard. Le festival se renouvelle ainsi quotidiennement plutôt que de maintenir pendant dix heures la même population à l’intérieur d’un périmètre fermé.

La seule véritable interruption intervient en 2020. L’édition qui devait réunir notamment Alva Noto et Ryuichi Sakamoto, Andrew Bird, Perfume Genius ou The Rapture est annulée à cause de la crise sanitaire. Le retour en 2021 prend alors une signification particulière : davantage qu’un simple redémarrage de calendrier, il remet les artistes dans les salles après des mois où ce geste élémentaire était devenu impossible. Les années suivantes confirment aussi que Days Off accepte de changer de taille. L’édition 2024 est volontairement resserrée sur cinq jours; en 2025, le festival retrouve au contraire un format plus ample et réinvestit de nombreux espaces de la Philharmonie. Cette souplesse paraît désormais constitutive de son fonctionnement.

Du 27 juin au 5 juillet 2026, la seizième édition a encore joué avec cette histoire. Babyshambles ouvrait la séquence et Alela Diane, déjà présente lors de la naissance du festival en 2010, la refermait. Entre les deux se croisaient Tamino, Smerz, Nourished by Time, Yerai Cortés, une Nuit du raï et TOMORA, le projet commun d’AURORA et de Tom Rowlands des Chemical Brothers. Le Grand salon se transformait aussi en club pour accueillir bass music, hip-hop, hyperpop et ballroom. Aucune date 2027 n’est encore annoncée, mais Days Off reste actif. Après seize éditions, son identité tient toujours moins à une esthétique précise qu’à une question récurrente : dans quel espace de cette Philharmonie faut-il placer une musique pour qu’elle révèle quelque chose qu’un concert ordinaire n’aurait peut-être pas montré ?

Site officiel · daysoff.fr/en

Réseaux

Fiche

Mois habituel
juin
Durée typique
10 jours
Ville habituelle
Katowice
Villes différentes
2
Pays visités
2
Première édition
2023

Chronologie

Un artiste par année, le mieux classé

Artistes récurrents

Ceux qui reviennent le plus dans les éditions de cette franchise.