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1 sur 1 éditions

Fan service

Chiffres, siège et habitudes de la maison

Éditions documentées12023–2023
Années d'histoire4 ansdepuis 2023
Pays habituelMexique

À propos du festival

Hell and Heaven n’a pas été un simple festival de rock lourd au Mexique. Pendant des années, il a occupé une place énorme dans l’imaginaire metal du pays : un point de rencontre où pouvaient cohabiter légendes internationales, groupes extrêmes, classiques du heavy, noms cultes, formations mexicaines et publics qui n’avaient pas souvent droit à un festival de cette ampleur. Pour beaucoup de fans, Hell and Heaven représentait quelque chose dont le Mexique avait besoin depuis longtemps : une grande célébration metal en plein air, avec l’ambition d’un festival européen, mais avec l’énergie, le chaos, la passion et les contradictions très mexicaines.

Le festival est né en 2010 au Jalisco, au sein d’une scène qui avait déjà une histoire, des groupes, des promoteurs, un public fidèle et une envie de plus grands événements. Son nom portait un clin d’œil émotionnel pour les métalleux : Hell and Heaven, inversant Heaven & Hell, projet lié à Ronnie James Dio et à des membres de Black Sabbath. Dès le début, le festival visait une idée claire : réunir plusieurs branches du metal et du rock lourd dans un même espace, sans se limiter à une seule tribu. Thrash, death, black, power, gothic, industrial, hard rock, metalcore, nu metal, punk, ska plus lourd, rock mexicain et groupes nationaux pouvaient entrer dans la même conversation.

Cette amplitude fut l’une de ses forces. Hell and Heaven pouvait placer une légende classique à côté d’un groupe extrême, un acte gothique près d’un projet industriel, un groupe mexicain culte aux côtés d’un nom international que beaucoup de fans ne pensaient jamais voir au Mexique. Ce mélange n’était pas toujours parfaitement ordonné, mais il reflétait la réalité du public metal latino-américain : large, intense, curieux, nostalgique et profondément loyal. On n’allait pas toujours à Hell and Heaven seulement pour un headliner; on y allait pour sentir que l’on faisait partie d’une communauté qui, pendant longtemps, avait dû se contenter de concerts isolés, de tournées incomplètes ou de festivals où le metal n’était qu’un invité.

Au fil des ans, le festival a changé de lieux et d’échelles. Il est passé par son étape au Jalisco, a rejoint l’Autódromo Hermanos Rodríguez, puis a trouvé au Foro Pegaso de Toluca une maison de grand format. C’est là que s’est vécue l’une de ses périodes les plus vastes, surtout en 2022 et 2023, lorsque l’événement a misé sur des affiches immenses, plusieurs scènes, du camping, des zones thématiques et une production pensée pour transformer le site en ville metal temporaire. Pour beaucoup de festivaliers, arriver au Foro Pegaso ressemblait à un pèlerinage : route, bottes, veste noire, files d’attente, poussière, froid nocturne, bière, amis, patchs, t-shirts de groupes et cette sensation que tout le monde parlait la même langue même en venant de villes différentes.

L’expérience réelle pouvait être brutale dans tous les sens. Brutale par les riffs, le volume, l’émotion de voir des groupes historiques, les cris du public et la taille de certaines affiches. Mais brutale aussi par la fatigue, la logistique, les longues marches, les horaires qui se chevauchent, l’attente et les problèmes qui ont plus d’une fois atteint la réputation du festival. Hell and Heaven a eu des moments mémorables, mais aussi des épisodes difficiles : annulations, changements, controverses, éditions compliquées et une édition 2023 marquée par des failles d’organisation et une perte de confiance.

Cette honnêteté est importante. Hell and Heaven ne doit pas être raconté comme une histoire parfaite. Sa valeur se trouve précisément dans ce qu’il a représenté, avec ses lumières et ses ombres : la tentative de construire au Mexique un festival metal de grande échelle, capable de faire venir des noms qui semblaient impossibles et de rassembler une communauté rarement représentée dans les grands événements. Pour une génération de fans, ce fut le lieu où le metal cessa de se sentir underground pendant un week-end pour occuper tout le terrain.

Aujourd’hui, son avenir est incertain. Aucune nouvelle édition publique n’est officiellement confirmée, et la marque est restée en suspens après une période difficile. Mais Hell and Heaven garde un poids éditorial parce qu’il appartient à l’histoire récente du rock et du metal mexicains. Il a été ambitieux, bruyant, irrégulier, massif, aimé et discuté. Un festival qui, lorsqu’il fonctionnait, donnait l’impression que l’enfer et le paradis pouvaient tenir sur la même scène.

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