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#149
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6 éditions à explorer · futur, live et passé
Chiffres, siège et habitudes de la maison
Le drum & bass est l'un des genres qui construit le plus fidèlement une communauté. Ce n'est pas une musique que les gens écoutent passivement — c'est un genre qui génère des dévots : des gens qui suivent des labels, qui connaissent les différences entre les sous-styles, qui voyagent aux quatre coins du monde pour une nuit de bonne programmation. Hospitality on the Beach prend cette réalité et la pousse un cran plus loin, transformant cinq jours sur la côte adriatique de Croatie en rassemblement annuel de cette communauté mondiale.
Le festival est né en 2018 comme extension naturelle d'un projet bien plus long. Hospital Records a été fondé en 1996 dans le sud de Londres par Tony Colman — connu sur scène sous le nom de London Elektricity — et Chris Goss. Ce qui a commencé comme un petit label avec une identité musicale claire — un drum & bass mélodique, chaleureux, orienté vers le funk et le jazz plutôt que vers le techstep sombre qui dominait la scène à l'époque — a grandi au fil des décennies pour devenir l'un des labels de musique électronique indépendants les plus influents du Royaume-Uni. Des artistes tels que High Contrast, Netsky, Camo & Krooked, Andy C, Calibre, Fred V, Metrik et bien d'autres ont figuré à son catalogue. Et parallèlement au label a grandi sa branche événementielle, Hospitality, qui a commencé comme des soirées en club à Londres, a évolué vers le festival Hospitality in the Park en 2016, et est finalement arrivée à Tisno en 2018 dans sa forme la plus ambitieuse.
Le lieu n'est pas un hasard. The Garden Resort à Tisno est un site de la côte dalmate qui accueillait déjà d'autres festivals de musique électronique curatés et orientés communauté — parmi eux Dekmantel Selectors — avant qu'Hospitality n'arrive. Ce choix en dit long sur ce que le festival veut être : non pas un événement de masse dans un lieu générique, mais une expérience à l'échelle délibérément contenue, avec une plage privée, une eau adriatique cristalline, des oliviers et des figuiers, et la boîte de nuit en plein air Barbarella's Discotheque à quelques minutes à pied pour les sessions nocturnes. Tout à portée de marche. Tout dans la même atmosphère.
Ce qui distingue Hospitality on the Beach des autres festivals de drum & bass — ou des autres festivals de quelque genre que ce soit — c'est l'étendue du spectre musical que sa programmation contient sans contradiction. Le drum & bass a de nombreux visages : le liquid funk doux et mélodique qu'Hospital Records a historiquement cultivé ; le jungle dense et sombre qui renoue avec les origines du genre dans les années quatre-vingt-dix ; le neuro, technique et abrasif ; le jump-up, physique et direct ; les rollers, hypnotiques et répétitifs. Chacun de ces sous-styles a son propre public, et Hospitality on the Beach les réunit tous dans le même site et sur les mêmes cinq jours. Le Beach Stage sous le soleil et les fréquences graves. L'Olive Grove pour des découvertes plus sombres. Le Pier au-dessus de l'eau. Wabi Sabi pour les moments plus intimes. Il n'y a pas de hiérarchie de scènes au sens spectaculaire — il y a des caractères différents pour différents moments du jour et de la nuit.
La vie en dehors des scènes fait aussi partie du design. Le festival propose chaque matin des séances de yoga sur la plage et un morning run club — une course matinale au bord de l'Adriatique avant le premier set de la journée —, ainsi que des fêtes en bateau le long de la côte l'après-midi et des afterparties à Barbarella's qui se prolongent jusqu'à ce que le soleil rende tout éclairage artificiel inutile. L'organisation appelle tout cela un "drum & bass holiday", et l'expression est plus juste que grandiloquente : les gens qui viennent à Hospitality on the Beach ne séparent pas vraiment le festival des vacances. Pour beaucoup de ceux qui voyagent depuis le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou l'Amérique du Nord, la semaine à Tisno est les deux à la fois et ni l'un ni l'autre séparément.
Le slogan officiel du festival est "Spread Love" — propager l'amour —, et bien que dans un autre contexte cela puisse sonner comme du discours marketing, au sein de Hospital Records il porte trente ans de légitimité. Le label a toujours eu une identité plus chaleureuse que la moyenne du drum & bass, plus orientée vers l'inclusion que vers l'élitisme, plus intéressée à construire des audiences qu'à garder des portes. Cette philosophie est visible à Tisno : pas de zones VIP qui fragmentent le site, pas de hiérarchies d'accès, pas de séparation entre artistes et spectateurs au-delà de ce qui est opérationnellement nécessaire. Quand les organisateurs disent que c'est un rassemblement familial de ravers de drum & bass, l'hyperbole est plus petite qu'elle n'y paraît.
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