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#945
INDIE - JAZZ - ROCK
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1 éditions à explorer · futur, live et passé
2023Itadaki 2023
Chiffres, siège et habitudes de la maison
Au sommet de Nihondaira, au-dessus de Shizuoka, le premier Itadaki (頂) ne ressemblait pas à un enclos de promotrice tokyoïte. Il y avait des jardins, des bougies et une vue nocturne qui transformait la scène en terrasse sur la baie. Le public arrivait avec de l'huile de cuisine usagée parce que l'événement demandait du biodiesel maison : du DIY au sens propre, pas en esthétique de T-shirt. 「最高の音楽と最高のシチュエーション」 — la meilleure musique dans la meilleure situation — n'était pas une phrase d'agence. C'était la raison pour laquelle un live house fermé passait dehors. Qui montait la colline comprenait que le festival répondait à un vide, non à une franchise importée.
Ce lieu s'appelait BOOM BOOM-BASH. À sa fermeture, le représentant — le 「boss」 de la salle — et Kayo Ono (小野佳代) ont poussé un outdoor capable de garder le goût d'une petite salle dans un grand paysage. Il est né en 2008 sur cette cime. Rock, indie et jazz tenaient parce que la programmation ne chassait pas un seul genre. Elle chassait une situation. Un orchestre sonne autrement parmi les bougies et le vent que dans un sous-sol ; un auteur-compositeur aussi. Le nom 頂 — sommet, cime — dit le lieu et la prétention : pas le volume de billetterie, mais la hauteur depuis laquelle on écoute.
L'année suivante, la radio K-MIX a lancé l'émission Positive Tuning 頂 et les pre-parties ont commencé. Le festival a cessé d'être seulement une date sur la montagne pour devenir une conversation locale qui durait des semaines. Cette couche radiophonique compte. Itadaki n'était pas vendu comme un produit national qui atterrit en province ; il se tissait avec les ondes de Shizuoka et avec des gens qui connaissaient déjà le live house. Le public, depuis, est à peu près moitié local. Ce n'est pas un chiffre de marketing. C'est la différence entre un parc plein de voisins et un site plein de touristes de week-end.
Après le séisme de 2011, l'événement a déménagé vers une scène spéciale à Yoshida Park (吉田公園), à Yoshida-cho, au centre de la préfecture. Le changement n'était pas cosmétique. Quitter la cime de Nihondaira pour un parc municipal voulait dire un autre rapport au sol : moins de terrasse carte postale, plus de place de village. Le staff et les stands tiennent grâce aux voisins. Manger là, c'est manger ce que la communauté propose ; circuler, c'est croiser des familles qui n'ont pas pris le shinkansen depuis Tokyo. Le handmade se lit dans l'échelle et dans qui encaisse à l'entrée.
Pendant la pandémie, la collecte 「ONE MORE 頂」 a tenté de tenir le projet quand les rassemblements en plein air sont devenus incertains. En 2022, l'édition s'est tenue avec des masques. En 2023, la date a été annulée par un typhon. Ces deux faits dessinent un festival exposé au climat du Pacifique et aux règles sanitaires, non à la machine d'une méga-promotrice qui peut changer de site. Yoshida Park ne se plie pas ; le typhon décide. Qui programme à Shizuoka apprend à vivre avec cette autorité.
En 2024, ITADAKI THE FINAL a été annoncé et a refermé un arc de dix-sept ans. La fermeture est un fait, pas un crochet de saison. Fishmans, PUFFY, EGO-WRAPPIN', Petrolz, Ichiko Aoba et Shibusashirazu Orchestra figurent parmi les noms programmés dans cette période tardive — 2023 n'a pas eu lieu à cause du typhon, et il est juste de ne pas compter comme concert ce que le climat a annulé. Ces artistes expliquent le critère : pop-rock japonais avec de l'histoire, jazz et expérimentation, voix intimes, orchestre qui déborde le format festival-produit. Ce ne sont pas des trophées d'affiche mondiale. C'est une scène qui tient dans un parc.
Les devises MUSIC IS THE ANSWER et 「静岡に頂アリ」 — il y a une cime à Shizuoka — cartographient la géographie émotionnelle. Itadaki ne cherchait pas à rivaliser avec les grands outdoor du Kanto. Il voulait que Shizuoka ait sa propre hauteur. Rock et indie dialoguaient avec le jazz non pour paraître éclectiques, mais parce que le live house d'origine mélangeait déjà ces écoutes. Familles, tenanciers de stands, gens montés avec de l'huile usagée en 2008 : tous entraient dans la même idée de situation.
L'expérience est celle d'un parc municipal, non d'un enclos d'entreprise. On marche peu, on reconnaît des voisins, on entend une scène spéciale plantée sur l'herbe publique. Pas de camping-ville improvisé, pas d'afterhours d'industrie. Une après-midi, des enfants, des musiciens qui n'ont pas besoin d'un mur d'écrans. Cette modestie est le caractère. BOOM BOOM-BASH a fermé une salle et ouvert un outdoor ; dix-sept ans plus tard, l'outdoor s'est fermé aussi. Il reste la preuve qu'un festival peut naître d'un local de quartier et s'achever sans se diluer à Tokyo.
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