Classement
#942
HOUSE - TECHNO - TRANCE
Classement
#942
Abonnés
28.4 K
1 éditions à explorer · futur, live et passé
2023Kanehameha Festival 2023
Chiffres, siège et habitudes de la maison
Le Flugplatz Offenburg n’est pas né pour un festival. Il est né pour des avions. Kamehameha Festival occupe cette piste du Bade-Wurtemberg comme successeur, pas comme invention de bureau : avant lui, il y a eu Tagtraum à Achern et Tag & Nachttraum à Offenburg, deux noms de jour et de nuit que la nouvelle rencontre hérite sans copier l’enseigne. Les débuts eurent lieu le 7 juin 2014. Qui imagine l’électronique allemande seulement dans des halles berlinoises ou des enclos rhénans se trompe de carte : ici, l’origine est un aérodrome de ville et une ligne de continuité que l’Impressum signe comme Kamehameha GmbH, avec Melanie Allgaier.
Quatre éléments ne sont pas un ornement de merchandising. C’est la thèse visuelle et spatiale que le festival déclare : terre, eau, feu, air — ou la façon dont un aérodrome, qui est déjà de l’air, se laisse lire comme une scène. On n’affirme pas ici un livret ésotérique. On affirme que le nom hawaïen et les éléments servent à distinguer le site d’un simple champ d’enceintes. Tagtraum et Tag & Nachttraum ont prêté l’habitude d’occuper Offenburg et Achern avec de la house, du techno et de la trance. Kamehameha Festival prête un nom neuf et un sol de piste.
L’affiche dont les chroniques se souviennent explique l’oreille. Robin Schulz et Bakermat fixent la house de radio et de festival comme une colonne accessible, pas une excuse. Monika Kruse prête le techno de club qui empêche l’aérodrome de devenir une seule radio d’été. Aka Aka élargit la plage vers le groove et le pic de nuit. Ce n’est pas une liste pour remplir un flyer. C’est une carte de trois genres qu’une piste peut tenir : house, techno, trance. Qui vient de Fribourg ou de Strasbourg reconnaît les noms. Qui vit à Offenburg voit soudain un aérodrome allumé un samedi de juin.
L’expérience du public est celle du béton, de l’herbe de bord et du ciel ouvert. On arrive par la route, on se gare près d’un site qui reste de l’aviation, on marche la piste comme une avenue temporaire. Un jour de juin peut être un soleil dur sur l’asphalte ; la nuit fait descendre le vent de la vallée du Rhin et le techno sonne plus net. Pas de village de plage, pas de U-Bahn. Offenburg, Achern à un saut dans la mémoire, et le sentiment que le festival tient dans une infrastructure qui n’a pas été construite pour lui. On mange ce que les stands proposent. On dort à l’hôtel ou on rentre. L’after n’est pas sur une autre île : il est sur le même aérodrome, ou il s’arrête parce qu’une piste s’éteint aussi.
La contradiction est de successeur et de sol. Un festival qui hérite de deux noms antérieurs ne part pas de zéro ; il part d’un public qui savait déjà aller à Offenburg pour danser. Kamehameha Festival ne s’explique pas comme une rupture. Il s’explique comme un changement d’enseigne sur une pratique locale : Tagtraum, Tag & Nachttraum, puis une GmbH et des débuts en 2014. Melanie Allgaier apparaît sur l’Impressum ; on n’invente pas ici un récit de fondatrice mythique. On nomme ce que le registre permet de nommer. Le reste — qui a rêvé le premier Tagtraum — reste dehors s’il n’est pas vérifié.
Un aérodrome change la musique. L’écho n’est pas celui d’une halle à grain ni d’une forêt. C’est celui d’une piste, d’un hangar, d’un horizon d’avions qui, ce jour-là, ne décollent pas pour le public. La house et la trance utilisent cette horizontalité : le kick voyage loin, le ciel fait office de toit. Le techno de Kruse, dans ce croisement, n’est pas un caméo underground. C’est le pouls qui empêche le samedi de devenir seulement de la radio. Qui reste dans l’herbe de bord quand la lumière baisse comprend que le lieu n’est pas un fond. C’est la troisième tête d’affiche.
Le Bade-Wurtemberg n’est pas Berlin. Cette phrase compte. Kamehameha Festival travaille une carte du sud-ouest : Offenburg, le Rhin tout près, la France à un saut, un public qui peut arriver de Karlsruhe ou de Strasbourg sans demander un pèlerinage vers la capitale. L’échelle n’est pas citée ici avec des chiffres officiels. On cite le format : un jour de juin sur un Flugplatz, trois genres de piste, un nom qui regarde Hawaï depuis un aérodrome allemand. Cette distance géographique est le caractère, pas une blague d’affiche.
Inutile d’inventer des saisons postérieures pour expliquer le lieu. Le lieu s’explique par le 7 juin 2014, par Tagtraum et Tag & Nachttraum, par Allgaier et la GmbH, par Schulz, Bakermat, Kruse et Aka Aka, par quatre éléments et par une piste qui a accepté des platines. Kamehameha Festival occupe un aérodrome qu’Offenburg savait déjà utiliser pour autre chose. La différence est l’enseigne et la décision que la house sonne là où décollent des avions.
Kamehameha Festival se comprend mieux comme une piste qui a accepté un samedi d’éléments. Entre Achern et Offenburg, entre Tagtraum et la GmbH, entre Kruse et Schulz, le Bade-Wurtemberg a eu en 2014 un successeur qui n’a pas demandé une halle de capitale. Il a demandé un Flugplatz, un nom hawaïen et l’idée que le techno tienne là où l’air avait déjà un droit de passage.
Genres
HOUSE
TECHNO
TRANCE
Chronologie
Un artiste par année, le mieux classé
Ceux qui reviennent le plus dans les éditions de cette franchise.
#1Russie
1 éditions · 2023
#2Allemagne
1 éditions · 2023
#3États-Unis
1 éditions · 2023