Classement
#311
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11 éditions à explorer · futur, live et passé
Chiffres, siège et habitudes de la maison
Rock in Roma fonctionne différemment de beaucoup de festivals d’été. Il ne se vit pas comme un week-end fermé dans une bulle unique, mais comme une saison de concerts qui occupe Rome peu à peu, nuit après nuit, artiste après artiste, scène après scène. C’est l’une de ses clés : il ne cherche pas à séparer la musique de la ville, mais à faire en sorte que la ville elle-même devienne une partie de l’expérience. À Rome, cela compte. Ce n’est pas n’importe quel décor urbain. C’est une capitale où chaque trajet, chaque ruine, chaque avenue et chaque sortie tardive après un concert semblent porter plus d’histoire qu’une nuit ordinaire ne peut en contenir.
Depuis 2009, Rock in Roma a construit une identité très reconnaissable dans l’été italien. Son nom peut faire penser à un festival purement rock, et cette racine est bien présente, mais la réalité est plus large. Au fil des années, il a accueilli rock, metal, pop, indie, électronique, sons urbains, rap italien, chanson d’auteur et grands noms internationaux. Cette amplitude ne ressemble pas à une trahison du nom, mais à une conséquence naturelle d’une ville qui ne tient pas dans une seule étiquette. Rome n’écoute pas d’une seule manière; Rock in Roma non plus.
L’Ippodromo delle Capannelle est sa maison historique et une partie essentielle de sa personnalité. Ce n’est ni un club ni une salle fermée. C’est un vaste espace ouvert, estival, où le concert se vit avec la chaleur, la poussière, les files d’attente, la bière, les t-shirts noirs, les groupes d’amis, le retour après le show et cette sensation que la nuit romaine s’étire un peu plus que prévu. Le secteur de Capannelle a permis au festival de grandir en échelle, avec de grandes arenas et des scènes capables d’accueillir des foules tout en conservant une énergie de concert en plein air. En parallèle, des lieux comme le Circo Massimo ou l’Auditorium Parco della Musica ajoutent d’autres couches : monumentalité antique, architecture contemporaine, concert-événement, nuit spéciale qui ne se répète pas.
L’expérience réelle dépend beaucoup de l’artiste que l’on choisit. Rock in Roma n’est pas forcément un festival où l’on voit dix groupes dans une journée. Il ressemble plutôt à une collection de grandes nuits, chacune avec son propre public, sa propre atmosphère et sa propre intensité. Une soirée peut être dominée par le punk rock mélodique, une autre par la pop italienne, une autre par le metalcore, une autre par la chanson d’auteur, une autre par un groupe de stade, une autre par le rap napolitain ou la nostalgie alternative. Cela donne au festival une flexibilité particulière : on peut le vivre comme fidèle de toute la saison ou comme visiteur d’un seul soir venu pour un nom précis et entrant malgré tout dans l’histoire générale de l’événement.
Le public change à chaque date, et cela le rend aussi intéressant. Il y a des Romains qui le vivent comme une tradition d’été, des touristes qui profitent d’une date pendant leur voyage, des fans italiens venus d’autres villes, des générations qui se mélangent selon l’affiche, des adolescents à leur premier grand concert, des adultes qui reviennent pour des groupes de leur jeunesse et des publics de scènes très différentes partageant le même calendrier. Rock in Roma n’a pas une seule tribu. Il en a beaucoup, et chacune prend la ville pendant quelques heures.
Ce qui distingue Rock in Roma, c’est sa relation au temps urbain. Ce n’est pas seulement “un festival à Rome”; c’est une manière d’organiser l’été musical de la capitale. Pendant des semaines, la ville sait que quelque chose se passe : quelqu’un joue à Capannelle, quelqu’un occupe le Circo Massimo, quelqu’un arrive à l’Auditorium, quelqu’un rentre tard en shuttle, métro, taxi ou voiture, encore avec l’écho du concert sur lui. Dans une ville où le passé est omniprésent, Rock in Roma réussit quelque chose de simple et précieux : donner au présent son propre bruit.
C’est un festival pour celles et ceux qui veulent vivre de grands concerts sans quitter la ville, pour ceux qui comprennent qu’un concert peut commencer bien avant le premier accord, sur le chemin du site, et se terminer longtemps après le dernier rappel, lorsque Rome est encore éveillée et que la nuit semble avoir encore une scène.
Chronologie
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