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#364
FOLK - POP - ROCK
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20–25 AVR 2027
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Chiffres, siège et habitudes de la maison
Le Printemps de Bourges est un festival de pop, rock et chanson à Bourges, dans le Cher, au centre de la France. La première édition s’est tenue du 6 au 10 avril 1977. Daniel Colling, Maurice Frot et Alain Meilland l’ont lancé, avec l’agence Écoute S'il Pleut créée l’année précédente. L’idée était de réunir «l'autre chanson» dans une ville moyenne de province, pendant les vacances de Pâques. Ce n’est pas les Francofolies de La Rochelle. Bourges est à l’intérieur des terres, dans le Berry. Le rendez-vous atlantique est né plus tard et regarde le port, pas une place d’intérieur.
Colling venait de la production de concerts. Frot avait été régisseur de Léo Ferré et connaissait le métier de la chanson de l’intérieur. Meilland était chanteur et comédien à Bourges : c’est lui qui a ouvert la porte de la Maison de la Culture et de son directeur, Jean-Christophe Dechico. En septembre 1976, ils ont testé le format avec La Halle en fête, trois jours sous un marché couvert. Le saut vers Pâques 1977 n’était plus un essai. C’était un festival de cinq jours dans une ville qui n’était ni Paris ni un littoral d’été. Les chroniques locales retiennent l’idée de Colling : un lieu de création sur la chanson d’alors, au cœur d’une ville moyenne.
La première édition tenait en trois lieux. La Maison de la Culture accueillait une partie du programme. Un chapiteau a été monté place Séraucourt. Le théâtre Jacques Cœur fermait le triangle. En cinq jours, il y a eu une quarantaine d’artistes et une vingtaine de concerts. À l’affiche : Jacques Higelin, Bernard Lavilliers, Dick Annegarn, François Béranger et Catherine Ribeiro. Aussi Colette Magny, Font et Val et Joan Pau Verdier. Ce n’était pas une liste de tubes radio. C’était la chanson hors des grands circuits : identitaire, politique, folk, une pop qui ne s’appelait pas encore ainsi. Le public marchait d’une salle au chapiteau et du chapiteau au théâtre.
Ce mélange nomme encore la musique. Le pop et le rock sont vite entrés à côté de la chanson et du folk. Un même calendrier pouvait coller un poète à la guitare et un groupe qui montait le son. Plus tard, les chroniques citent des noms aussi éloignés que Léo Ferré et NTM, Juliette Gréco et U2, Cesaria Evora et les Têtes Raides. Inutile de tous les réciter. Ils montrent que Bourges n’est pas resté un musée de 1977. Il a grandi vers les musiques actuelles sans lâcher le fil de la langue et de la chanson d’auteur. On y entend pop, rock et folk, avec la chanson comme racine, pas comme pièce sous vitrine.
La découverte de nouveaux noms est l’autre couture. Dès 1977, il y avait des scènes ouvertes pour les amateurs de la région. La demande a débordé ces créneaux. En 1985, le festival a lancé les Découvertes du Printemps de Bourges. Le Réseau Printemps est né : d’abord trois antennes, puis un maillage qui a couvert la France et touché le Québec, la Suisse et la Belgique. Plus tard, ce dispositif a pris le nom d’iNOUÏS. Le mécanisme est simple à cette échelle : on écoute, on sélectionne, on programme ceux qui ne remplissent pas encore une grande salle. Bourges ne se comprend pas seulement par Higelin en 1977. Il se comprend aussi par ce réseau, un filtre de débuts.
L’expérience est urbaine. On arrive en train ou par la route dans une ville de pierre et de rues étroites. Il n’y a pas un seul enclos d’herbe. Il y a une semaine de Pâques où l’on marche d’une salle à un chapiteau et d’un théâtre à un café. Le temps d’avril dans le Berry peut être un soleil froid ou une pluie qui demande le coupe-vent. Le jour, la ville reste ouverte : commerces, places, le palais Jacques Cœur au fond. La nuit, le volume se répartit sur plusieurs points. Qui vient de loin cherche un hôtel ou un appartement, pas un camping de champ. Le chevauchement des salles oblige à choisir. Cette fatigue à pied fait partie du festival.
Le 23 décembre 2013, la société C2G a pris la propriété. Plus tard, Boris Vedel a dirigé l’équipe. Le changement de propriétaire n’a pas déménagé la ville ni la saison. Le Printemps est resté de Bourges et de printemps. Les chroniques retiennent cette date parce qu’un festival né d’une agence d’artistes et d’une maison de la culture est passé à une autre structure. Pour le public, l’organigramme compte moins que le fait. La date occupe encore la ville que Colling, Frot et Meilland ont choisie quand une ville de province pouvait porter un festival national.
Ce n’est pas les Francofolies de La Rochelle. Jean-Louis Foulquier a parlé avec Colling ; il n’a pas copié Bourges. La Rochelle, c’est juillet, le port et le sel. Bourges, c’est Pâques, l’intérieur et un réseau de découverte. Confondre les deux rendez-vous, c’est mêler une ville atlantique et une ville du Cher. Le mot «printemps» n’est pas un ornement : il marque la semaine du calendrier scolaire où une ville moyenne se remplit de concerts. Une fête de quai appartient à l’Atlantique, pas au Berry. Ici, le lieu, c’est la ville elle-même, avec ses trois premières scènes et celles qui ont suivi.
Le Printemps tient sur une idée concrète : une ville moyenne, une semaine de Pâques et un réseau qui écoute ceux qui ne remplissent pas encore les stades. Entre la place Séraucourt et la Maison de la Culture, entre les Découvertes de 1985 et les iNOUÏS, entre Colling et la période C2G, le Berry a une semaine d’avril qui ne dépend pas d’un littoral. Bourges prête les rues et les salles. Le Réseau Printemps prête le travail d’entendre ce qui n’est pas encore célèbre. Il reste un festival de pop, rock et folk né pour que «l'autre chanson» ait une province.
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