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INDIE - POP - ROCK
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21–24 JUIL 2027
Artistes à l'affiche
Lineup en préparation — nous le publierons dès confirmation.
Il reste
13 éditions à explorer · futur, live et passé
2027Colours of Ostrava 2027
2026Colours of Ostrava 2026
Chiffres, siège et habitudes de la maison
Pendant une grande partie du XXe siècle, Ostrava fut associée au charbon, à l’acier, aux mines et à un paysage industriel peu compatible avec l’image habituelle d’une ville de festival. Colours of Ostrava a fini par transformer cette histoire en avantage. Aujourd’hui, l’entrée dans Dolní Vítkovice conduit vers des scènes installées entre hauts-fourneaux, conduites métalliques, gazomètres et structures provenant d’un ancien complexe sidérurgique gigantesque. La nuit, l’acier est éclairé tandis que plusieurs dizaines de milliers de personnes circulent entre concerts, théâtre et discussions. Peu de grands festivals européens entretiennent une relation aussi directe avec le passé économique et social de la ville qui les accueille.
En 2002, cette identité n’était pas encore construite. Zlata Holušová lança la première édition autour de Stodolní ulice et du parc d’exposition Černá louka, au centre d’Ostrava. Monkey Business, Kryštof, Buty ou Tata Bojs partageaient les scènes avec des artistes venus de pays voisins et de territoires beaucoup plus éloignés. Le projet voulait dès le début ouvrir une ville longtemps perçue comme périphérique à des musiques que les circuits traditionnels amenaient rarement jusque-là. Le mot « Colours » décrivait donc déjà une ambition précise : ne pas demander aux artistes de correspondre à une seule esthétique et faire de la diversité le principe même du programme.
Cette dimension internationale s’affirma rapidement. Goran Bregović arriva en 2003, puis Natacha Atlas, Rachid Taha et Bob Geldof en 2004. George Clinton et Parliament/Funkadelic côtoyèrent ensuite Asian Dub Foundation et des musiciens issus de traditions multiples. En 2006, Robert Plant, Salif Keita, Gogol Bordello et The Frames participèrent à la première édition de quatre jours. Rock britannique, funk américain, musique africaine, brass des Balkans, électronique et artistes tchèques pouvaient ainsi exister côte à côte sans avoir besoin d’être réunis sous une catégorie artificielle. La cohérence venait de la curiosité du festival plutôt que d’un genre.
Avec la croissance du public, Černá louka et Slezskoostravský hrad atteignirent leurs limites. En 2010, environ 25 000 personnes fréquentaient déjà le festival et les mêmes ordres de grandeur revinrent en 2011. Le déménagement vers Dolní Vítkovice en 2012 répondit donc à un besoin de capacité, mais produisit un résultat beaucoup plus profond. Les grandes scènes pouvaient désormais appartenir à un seul territoire et l’ancienne aciérie fournissait un décor impossible à reproduire artificiellement. Alanis Morissette, Bobby McFerrin, The Flaming Lips, ZAZ, Janelle Monáe et Rufus Wainwright inaugurèrent ce nouveau chapitre au milieu d’infrastructures autrefois conçues pour l’industrie lourde.
Les ambitions artistiques purent alors augmenter. Sigur Rós, The xx, The Knife et Bonobo arrivèrent en 2013 ; Björk, Kasabian, St. Vincent et Rudimental en 2015. Imagine Dragons, Jamiroquai, Justice et Norah Jones participèrent à une édition 2017 complète ; N.E.R.D., Grace Jones, Kygo, The Cure, Florence + The Machine et Rosalía suivirent dans les années suivantes. Mais les grandes affiches ne résument jamais complètement Colours. Des artistes d’Afrique, d’Asie, des Balkans, de Scandinavie ou d’Amérique latine continuent d’occuper les petites scènes. Jazz contemporain, musiques traditionnelles, électronique expérimentale et projets difficiles à classer restent essentiels. Les stars assurent la puissance d’attraction ; la découverte maintient l’identité.
En 2016, Meltingpot ajouta une nouvelle dimension. Ce forum multidisciplinaire réunit scientifiques, médecins, écrivains, journalistes, artistes, sportifs et penseurs dans le même complexe industriel. Une journée peut commencer par une discussion sur la santé, l’intelligence artificielle, l’éducation ou la société avant de se poursuivre devant un groupe asiatique ou un musicien africain. Théâtre, workshops, cinéma, espaces familiaux et installations complètent ce programme. Certaines éditions ont dépassé quatre cents rendez-vous différents. Pendant quatre jours, Dolní Vítkovice cesse donc d’être uniquement un site de concerts et ressemble davantage à un quartier culturel temporaire dont les usages changent presque à chaque bâtiment.
La pandémie fut la seule interruption prolongée. Colours ne put se tenir normalement en 2020. Une petite alternative appelée NeFestival fut lancée, mais de nouvelles restrictions obligèrent à l’arrêter après deux jours. L’édition 2021 fut elle aussi reportée. Le retour complet de 2022 eut ainsi une forte valeur symbolique avec The Killers, Twenty One Pilots, Martin Garrix, LP, Franz Ferdinand et Phoebe Bridgers. OneRepublic et Macklemore vinrent ensuite en 2023, Lenny Kravitz et Sam Smith en 2024, puis Sting, Iggy Pop, Justice et The Chainsmokers en 2025. L’événement retrouvait rapidement la même amplitude qu’avant la crise sanitaire tout en ouvrant de nouveaux axes, notamment vers les scènes asiatiques.
En 2026, Twenty One Pilots, Teddy Swims, Lorde, Moby et LP formaient le sommet d’une affiche où figuraient également Skunk Anansie, The Libertines, Atarashii Gakko!, Audrey Nuna, Peaches et Ibrahim Maalouf. Le vendredi, un violent orage rappela la vulnérabilité de toute grande manifestation en plein air. Les scènes extérieures furent interrompues et le public orienté vers des bâtiments et structures sûres. Certains horaires changèrent et Malkit Singh dut annuler, mais le programme reprit et les quatre journées furent menées à terme. L’acier monumental de Vítkovice pouvait donner l’impression d’un lieu immuable ; la météo rappela que le festival reste un organisme vivant, dépendant de chaque heure.
La 24e édition aura lieu du 21 au 24 juillet 2027. Après plus de vingt ans, Colours of Ostrava est devenu beaucoup plus qu’un moyen d’attirer des artistes internationaux en Moravie-Silésie. Il a participé à une nouvelle lecture d’Ostrava elle-même. Là où l’industrie lourde produisait autrefois une image sombre de la ville, les mêmes structures servent désormais à accueillir musique, art et discussion venus du monde entier. Colours n’a jamais essayé d’effacer l’Ostrava du charbon et de l’acier pour créer une fantaisie estivale. Il a fait quelque chose de plus intéressant : utiliser cette mémoire noire et métallique comme toile de fond sur laquelle toutes les autres couleurs peuvent apparaître.
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